Les auteurs de 2020

Régis Hautière

 

Régis Hautière est né à Fougères (Bretagne). Diplômé en maitrise de philosophie, il passe son DESS (diplôme d’étude supérieur spécialisé) en système informationnel. Habitant à Amiens, il a longtemps fait partie de l’association « On a Marché sur la Bulle », qui organise les rendez-vous de la bande dessinée. Il est désormais aux commandes du destin de nombreuses séries de bande dessinée. Ce scénariste travaille aussi bien avec la fine fleur des auteurs amiénois (HardocFraco ou David François) qu’avec des auteurs espagnols ou italiens (comme Antonio Lapone ou Walther Taborda, par exemple). Depuis quelques années il scénarise la célèbre série Aquablue (éd. Delcourt) avec Reno au dessin. Il a travaillé avec Philippe Berthet sur Perico, histoire en deux tomes éditée chez Dargaud. Il vient de terminer la série, La Guerre des Lulus (éd. Casterman), avec Hardoc. Toujours à la recherche de nouvelles histoires, récemment, il crée avec Arnaud Poitevin une nouvelle série, Les spectaculaires, dont le 3e tome est sorti en août 2018 aux éditions Rue de Sèvres et Les trois grognards (éd. Casterman) avec Fred Salsedo.

Ses dernières parutions

Réalisation pour les Rendez-Vous de la Bande Dessinée 2020

Memory of a free festival

« Mon histoire d’amour (osons le mot) avec le festival et l’équipe qui le porte a démarré il y a longtemps… vingt-cinq ans, peut-être, ou un quart de siècle… j’ai toujours un peu de mal à mesurer précisément le temps qui passe.

Je venais d’arriver sur Amiens et je recommençais à m’intéresser à la bande dessinée après quelques années, mes années d’études, où j’en avais relativement peu lu. La ville, à cette époque, n’était pas vraiment la Mecque du 9ème art. Il n’y avait pas de librairie spécialisée. Pas d’auteurs, non plus. Encore moins d’éditeurs. Il n’y avait pas de festival. En revanche, il y avait un bar, le Vents-et-Marées, qui, depuis son ouverture, exposait régulièrement des planches originales dans ses vitrines. C’est dans ce bar que j’ai entendu parler, pour la première fois, des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.
Je discutais avec le patron d’un petit événement ponctuel autour de la bande dessinée, que la structure pour laquelle je travaillais voulait organiser, quand il m’a appris que des clients à lui étaient en train de monter un festival. J’ai pris contact avec eux et, quelques semaines plus tard, j’adhérais à On a marché sur la bulle, l’association qu’ils venaient de créer. C’est donc en tant que bénévole que j’ai participé à l’édition inaugurale des Rendez-vous BD. Pour tout dire, c’était la

première fois que je mettais les pieds dans un festival de bande dessinée. Enfin non, pas tout à fait… ma première fois, c’était à Saint-Malo, à Quai des Bulles, mais j’étais enfant et, ne voyant pas l’intérêt de regarder des gens faire la queue devant des dessinateurs, j’en suis sortir quelques minutes après y être entré ; de ce fait, ça compte pour du beurre (demi-sel). Mon vrai dépucelage festivalier a donc eu lieu à Amiens. Au Coliseum. Montage, démontage et grilles Caddie. Petits-fours et copains à la soirée d’inauguration. Rencontres, dédicaces et expositions. Badge « bénévole ».
Quelques années plus tard, à l’aube du XXIème siècle, j’ai intégré pour quelque temps le conseil d’administration du festival. L’occasion de découvrir un peu plus les coulisses de la manifestation. Celle aussi d’influer un peu sur sa programmation. Notamment de mettre en place deux expositions. L’une, assez didactique, était consacrée aux différentes étapes de la création du tome 5 de la Quête de l’oiseau du temps. La seconde mettait en valeurs les travaux des AJT, une autre association, sorte de pépinière locale d’auteurs en devenir à laquelle j’avais aussi adhéré. Pour la première fois Hardoc, Fraco et d’autres exposaient leurs planches aux regards du grand public et des professionnels de la BD qui arpentaient le salon.
Réunions. Montage, démontage et grilles Caddie. Petits-fours et nombreux copains à la soirée d’inauguration. Plus vraiment de temps pour les

dédicaces mais des rencontres toujours plus nombreuses. Badge « organisateur ».
Et puis, je suis devenu auteur à mon tour. Le festival m’a invité et m’a offert une plaque en acier émaillé à mon nom. Des expositions ont été consacrées à certains de mes ouvrages (Abélard, la Guerre des lulus…). Une, à l’initiative de ce cher Guy, a même été dédiée à mon travail de scénariste. Cette fois plus de montage, démontage, ni de grilles Caddie. Mais des dédicaces, de l’autre côté de la table, et des rencontres, encore et toujours. Petits-fours, à la soirée d’inauguration, et plaisir d’y retrouver de plus en plus de copains. Bénévoles, administrateurs et salariés de l’association, auteurs et festivaliers. Badge « invité ».
Cette année, pour la première fois depuis que le festival existe, je ne mangerai pas de petits-fours à la soirée d’inauguration. Je n’y retrouverai pas non plus les copains d’Amiens ni ceux venus des six coins de l’hexagone et des quatre coins du monde. Je ne ferai pas de nouvelles rencontres. Je ne déambulerai pas dans les expositions. Pas non plus de tables rondes, ni de dédicaces. Pas de badge.
Reste les souvenirs des éditions passées et les promesses de celles à venir, parce qu’il y en aura d’autres, encore plus belles, encore plus étonnantes, encore plus émouvantes. Beaucoup d’autres. Suffisamment pour remplir un nouveau quart de siècle de souvenirs. »