Les auteurs de 2020

Dominique Zay

 

Dominique Zay est un touche à tout dans l’art. Il commence par les arts de la scène dans la musique, le cirque et le théâtre. La vie de groupe le fatigue et il a une envie d’écriture. Il entame une carrière dans le cinéma, où il fait quelques réalisations pour finir comme scénariste. Actuellement il ne vit que par l’écriture de romans, de nouvelles, au théâtre, de bande dessinées… Il intervient dans des associations pour lutter contre l’illettrisme et contre l’exclusion. En 2013, il participe au collectif, La crise, quelle crise ? (éd. de la Gouttière) où il écrit un scénario pour le dessinateur Greg Blondin. Actuellement, toujours avec Greg Blondin au dessin, il scénarise Les enquêtes « polar » de Philippine Lomar, dont le cinquième tome sortira en juin 2020 aux éditions de la Gouttière.

Sa dernière parution

Réalisations pour les Rendez-Vous de la Bande Dessinée 2020

1.

« Beaucoup de lecteur.ice.s me demandent pourquoi les Enquêtes Polar de Philippine Lomar se déroulent en Picardie, et principalement à Amiens. C’est une très bonne question ! »

« J‘habite à la campagne, dans une ancienne fermette picarde. C’est là que j’écris.
Je vis donc en Picardie et quand je suis vraiment obligé d’en partir, pour une raison idiote, j’ai toujours hâte d’y revenir, d’y retrouver le ciel gris avec les bouts de bleu dedans, le rouge passé des maisons en briques, les verts près de la mer, ces bois tapissés d’or ou ces étangs qui scintillent d’argent.
Je n’ai rien contre le sud, contre Amiens Sud, et j’aime le soleil d’automne sur les bords de la Somme. Jusqu’à la Baie, cette filature ne cesse de s’ouvrir : suivre les oiseaux, cheval au galop, sable ou galets, rêver d’ailleurs, les yeux dans les vagues, bleu épais, que c’est beau.
Philippine, je la fais grandir à Amiens. Si je n’avais pas décidé qu’elle réside là, à quelques herbes des Hortillons, là où le ciel se fait manger par petits bouts entre les roseaux, à la surface des canaux, les choses pour elle auraient été sans doute bien différentes, mais tellement de choses auraient été si différentes si elles n’avaient pas eu lieu à l’endroit où elles ont été accomplies.

J’ai bien conscience que pour certains, dont beaucoup de parisiens, habiter Amiens, c’est comme d’avoir chopé une mauvaise maladie, un sale coup de froid, une fuite d’eau permanente. Pourtant, il ne pleut pas toujours ici, il arrive même qu’il ne pleuve pas si fort que ça.
Ailleurs, il pleur souvent des banalités, même maquillées. je concède toutefois que même si Amiens rajeunit et se modernise de plus en plus, cette ville reste gorgée d’eau et de tristesse, une ville mélancolique. Bref, ceux qui ne sont pas d’ici rêvent de ne pas y venir et ceux qui habitent là ne se voient pas en partir. Difficile à définir.
Tout ce que je peux ajouter est qu’Amiens se révèle aussi une ville atypique, complexe, qui aime les différences, une ville « desaxée », et ça, Philippine, ça lui plaît. »

2.