Zeina Abirached

Invitée dans le cadre de l’exposition Beyrouth : Portrait d’une utopie

J’ai commencé mes études au Liban, où j’ai reçu une formation en graphisme à l’ALBA (Académie Libanaise des Beaux-Arts), avant de travailler pendant un an sur les techniques d’animation 2D à l’ENSAD à Paris (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs). J’avais découvert la bande dessinée assez tôt, au Liban. Depuis, je privilégie un style synthétique, assez graphique, proche du logo, en privilégiant un dessin relativement « plat ». J’ai conçu Beyrouth – Catharsis dans le cadre de mes études à l’ALBA, le livre existait donc depuis 2002. 38, rue Youssef Semaani, en revanche, a été écrit lors de ma première année à Paris, lorsque j’ai pu prendre du recul par rapport à ce que je connaissais de Beyrouth. J’ai voulu montrer quelques personnages libanais, en dresser les portraits, et « gratter » dans leurs existences pour y voir encore plus de choses.Cette démarche m’a semblé, rétrospectivement, comparable à ce que fait Georges Perec dans La vie, mode d’emploi, que j’ai découvert après avoir achevé 38, rue Youssef Semaani. Perec y retrace l’histoire d’un immeuble, et à chaque chapitre est dressé l’historique d’un appartement et de ses habitants.